Tuesday, 17 November 2015

Mystères de la Vie et de l'Univers : Instants de poésie

Traduction en anglais ici:


Métaphysique

Alors que je me demandais quel était le secret des mondes, j'eus cette sensation :

En chaque particule, en chaque élément se trouve l'infini.
Tout ce qui existe se rejoint en ce même infini qui relie tout.
Ainsi donc, tout se retrouve en un seul point qui n'est ni espace ni temps, qui est illimité ;
c'est le non-créé d'où tout jaillit en surface.
La vraie vie réside dans cette profondeur, dans le tout qui n'est rien, dans un seul point tenu dans le creux d'une main.
C'est comme vivre dans un monde qui n'est pas né et qui est déjà fini,
un monde qui n'a ni début ni fin ;
il est infini, intemporel, plus beau et poétique que ce qu'il paraît être dans le manifesté de sa surface.
L'origine est comme un vide d'où jaillit une infinité de formes, de couleurs, de parfums, d'expressions, de symboles.
Mais derrière ceux-là, il importe de trouver l'infini qui n'a pas de forme.
C'est le but ultime de la vie.

Et pour les êtres véhicules de cet infini, c'est la transmission de cette beauté transcendentale,
c'est le retour à soi, au Grand Soi glorieux auquel on prend part,
comme si l'on prenait part à une table et qu'on festoyait.



* * *


Qu'est-ce que la Vie ?


La Vie, c'est comme une fleur qui rêve de s'ouvrir,
pour mettre à découvert le merveilleux dissimulé en elle.
La Vie, c'est comparable à l'histoire d'une chenille :
elle rampe sur la poussière, traverse des phases de mutation,
et si elle y parvient,
devient un joli papillon éternel.
Ce qui a jadis rampé est désormais libre comme le vent.
Et le vent n’a pas de forme, il est libre.

La Vie, c'est comme l'amour.
Des mots ne peuvent l'exprimer.
Car elle est insaisissable, abstraite.
C'est comme un rêve, ineffable.
Eh bien donc, j'ose rêver de deux papillons à l'affût du vent,
embarqués dans l'odyssée de la Vie,
au-delà de l'horizon de tous les sens.

Mais la subtilité est un chemin obligatoire.
Opposée à la vulgarité, elle se veut poétique,
quelque peu discrète.
La subtilité révèle un jeu entre le tendu et le relâché,
le révélé et le caché.
Là se trouve l'aventure mystique, quand la Vie est poésie.

Mais avant d'accueillir la Vie,
il y a toujours quelque chose qui meurt,
qui se fait néant.


* * *

Petite vision du Paradis


J’ai glissé mon regard par la serrure du paradis,
et j’ai aperçu des fleurs à perte de vue,
par-delà vallées et prairies.

Qui entrera par la bonne porte
vivra au milieu de ces doux parfums éternels,
de ces créatures qui ne flétrissent point et ne meurent jamais.

Pour ne pas mourir, il ne faudrait pas être né,
comme le Maitre des Clefs,
qui demeure en tous lieux et tous temps,
n’étant pourtant d’aucun lieu ni d’aucun temps.

Vois les lys, mais n’en cueille aucun,
de peur de les arracher à leur vertu.
Les fleurs ne sont belles que là où elles sont,
à l’état brut et sauvage.
C’est ici la perfection.

Les subtilités d’une âme pure me rendent ainsi,
nostalgique du lieu des doux parfums
où furent inventés les cœurs à l’état brut.
Ceux-là sont aussi simples que l’eau et le vent !
Avant d’être souillés par le monde des terres basses,
ils étaient transparents comme de l’eau de source,
libres d’être, comme le vent de l’amour.

Les âmes pures restent debout,
en dépit de toute cette mort qui menace.
Le bas monde n’a que des murs,
des petites fenêtres et des rêves.

Il appartient à chacun de trouver la porte
qui mène vers la glorieuse lumière,
au bout du chemin que le vaillant gravit.
Il s'élève au-delà de nos murailles
et grimpe la montagne qui touche à l’infini.


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