Thursday, 8 December 2016

Pourquoi des surdoués se font avoir par des pervers narcissiques ?


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Pourquoi des surdoués se font avoir par des pervers narcissiques ?


Dans le secteur de la douance, la relation PN-surdou√© est un sujet qui revient de temps en temps. Il s'agit l√† d'un sujet dramatique qui suscite la curiosit√© d'un grand nombre de personnes. Soit parce que le sujet est √† la mode, soit parce qu'on a r√©ellement v√©cu ce genre de relation. 
Prenons quand m√™me garde aux abus de langage quant aux √©tiquettes h√Ętives. 

N√©anmoins, pour les cas r√©els, il y a quand m√™me mot √† dire, une analyse √† d√©rouler pour comprendre le processus de ces relations n√©fastes, entre un manipulateur troubl√© - car c'est de cela qu'il est question - et quelqu'un qui est suppos√©ment pourvu d'un haut potentiel intellectuel (HPI). Pr√©cisons quand m√™me que ce n'est pas seulement r√©serv√© aux HPI que de "tomber dans le panneau". 

A partir d'exp√©riences r√©elles, je le pr√©cise, d√©mantelons alors le processus afin de comprendre la racine du mal-√™tre de chacun des deux protagonistes. Une fois la chose bien comprise, il n'est pas √©vident de se faire manipuler par qui que ce soit. 


Mon √©tude consiste √† d√©velopper le pourquoi et le comment de ces relations toxiques. Il s'agira de reconna√ģtre la probl√©matique psychologique du PN, autant dans sa psychogen√®se que dans le sympt√īme de perversion narcissique, en passant par les r√©actions interpersonnelles. Mais je vais d'abord d√©crire la probl√©matique des personnes √† haut potentiel "complex√©es", pour mettre en exergue le miroir entre les profils, le point de jonction qui les attire mutuellement. Car il existe effectivement des complexes propices √† de telles rencontres. 

Enfin, je d√©mant√®lerai le processus des victimes attir√©es par ces personnages. Les victimes ont tout int√©r√™t de comprendre pourquoi elles se sont laiss√© aller dans le tourbillon infernal de ces manipulateurs, afin de ne plus √™tre attir√©es par eux. Car l'histoire a tendance √† se r√©p√©ter si l'on ne change pas son syst√®me de croyances. C'est un fait qui m'a √©t√© t√©moign√© par des personnes qui ont √©t√© bien malheureuses et ont perdu leur temps, comme elles le disent, et un fait dont je peux parler moi-m√™me. 



I - Le début de la vulnérabilité des personnes douées et sensibles

En comparaison avec la norme, il y a une diff√©rence fondamentale dans la fa√ßon dont les personnes √† haut potentiel ressentent le monde et les √©motions. Chez les personnes dou√©es et sensibles, nous savons qu'il est question d'intensit√© exacerb√©e parfois appel√©e « surefficience » dans divers domaines: √©motionnel, sensitif, intuitif, intellectuel. Elles se posent g√©n√©ralement des questions sur le sens de l'existence, sur l'origine de l'Univers, elles ont un sens √©lev√© de la justice. Du moins ce sont les caract√©ristiques qu'on rel√®ve chez les enfants dou√©s, qui fonctionnent qualitativement et quantitativement autrement dans leur mode de r√©flexion. Il s'agit d'une logique particuli√®rement intuitive et d'une grande sensibilit√©, laquelle varie quand m√™me d'une personne √† une autre, sans que cela soit n√©cessairement corr√©l√© au quotient intellectuel non plus. De nos jours, il existe de grands d√©bats sur ce qu'est r√©ellement un surdou√© ou un haut potentiel, et des mythes sont en train de tomber. 

Il est √† consid√©rer qu'il existe un certain nombre de profils diff√©rents parmi les personnes dou√©es. Les intelligences sont multiples. Puis certains individus sont tr√®s scolaires, d'autres le sont moyennement, et d'autres ne le sont pas tellement. Certains sont des autodidactes tr√®s forts, prolifiques et cr√©atifs. D'autres sont plus conformistes. Quoi qu'il en soit, ayons √† l'esprit qu'un humain est toujours un humain, avec ses paradigmes et ses qu√™tes (amour, reconnaissance, etc). 

Revenons alors au v√©cu de l'enfant dou√©. Un enfant intellectuellement pr√©coce, s'il vit mal sa pr√©cocit√© ainsi que sa propre histoire humaine, peut facilement d√©vier de sa trajectoire et renoncer √† ses dons, vu les interdits pos√©s autour de lui ou par lui-m√™me. Jusqu'√† cesser d'√™tre dou√© √† sa fa√ßon, pour s'efforcer de se normaliser et correspondre √† la grande masse. Bien-s√Ľr, on ne perd jamais sa qualit√©, on peut toujours la retrouver, mais il s'agit l√† d'un endormissement des dons et capacit√©s. 

Pour diverses raisons, soci√©tales et/ou familiales, nous savons que beaucoup d'individus renoncent √† leurs dons. Quand un enfant se sent seul au monde avec sa diff√©rence et un manque de reconnaissance, il court le risque de devenir quelqu'un d'autre, en n'osant pas √™tre lui-m√™me. Il ne serait ni lui-m√™me ni autre. C'est l√† le d√©veloppement d'un complexe. 
Observer ce que les autres ne semblent pas observer, penser √† ce que les autres ne semblent pas penser, √™tre chercheur de sens, c'est autant de raisons de se sentir diff√©rent et rejet√©, voire ridiculis√©. Il para√ģt plus facile de « faire comme tout le monde », de se pr√©occuper des m√™mes objectifs, cens√©s correspondre √† la « normalit√© ». Quelques chanceux, cependant, b√©n√©ficient d'un environnement qui leur permet d'assumer leurs particularit√©s et de d√©velopper leurs facult√©s sereinement. 

Mais √† la fin, tout va √™tre question d'estime de soi, laquelle comporte ici une faille. Quand on parle de faille dans l'estime de soi, on parle de faille narcissique: l'incapacit√© de s'aimer soi-m√™me. 



II - Le lien avec les PN, la rencontre et la relation

Sans √™tre n√©cessairement surdou√©, le PN manipulateur, qu'il soit homme ou femme, a tout de m√™me des facult√©s qui lui permettent de renifler ses prochaines proies et de jouer avec leurs sentiments en les prenant par leurs failles affectives. Ils semblent sympathiques voire charmants, ils vous adressent les compliments dont vous avez besoin, et plus tard, ils sont capables d'une grande cruaut√©, sans probl√®me de conscience. C'est simple, les PN n'ont ni √Ęme ni morale ni conscience. C'est ce que l'on constate dans beaucoup de cas. 

Pour comprendre le lien, il faut comprendre le PN. Voyons quels sont les facteurs qui entourent le PN durant sa psychogen√®se (formation psychique durant son enfance) et quelle attitude il ou elle va adopter suite √† ces facteurs. 

D'abord, il semblerait qu'un individu ne naisse pas PN mais qu'il le devienne. En tant que personnes tr√®s sensibles et donc susceptibles, √† un moment clef de leur existence, g√©n√©ralement durant l'enfance, elles ont √† affronter des d√©ceptions, des souffrances qui n'ont pas √©t√© supportables, la sensation de "tomber de haut". Il y a par exemple la douleur impardonnable de la trahison. Il suffit de vivre un syndrome de rejet par l'un des parents ou les deux. Ou une maltraitance insoutenable. Suite √† l'√©v√©nement clef, se d√©roule une histoire possiblement d√©gradante pour l'image que la personne va d√©velopper de soi-m√™me. 
Incapables de plonger dans leur d√©pression pour la dissoudre, ils √©viteront la r√©alit√© et, par m√©canisme de survie, ils se r√©solvent, soit durant l'adolescence, soit un peu plus tard, √† juger que leur sensibilit√© a √©t√© une ennemie, une faille impardonnable et qu'ils ne ressentiraient plus jamais rien. Et comment faire cela ? En d√©terminant que la conscience ne m√®ne qu'√† la culpabilit√© et √† la souffrance. Ainsi, la conscience n'a plus lieu d'√™tre: les valeurs et la morale cessent d'exister. C'est en quelque sorte pour le PN une forme de libert√©, puisqu'il n'a plus de conscience √† suivre, n'ayant point ainsi de mauvaise conscience. Et l√†, c'est l'absence de morale, c'est la d√©pravation, la plong√©e dans un puits sans fond, d'o√Ļ l'on ne remonte jamais. La perversit√©. Voil√† ce qui se passe dans la vie du PN. 

Concernant la gestion du mental, c'est la r√©solution √† faire de sa pens√©e une somme de calculs. La logique pr√©vaut, l'√©motionnel est une g√™ne √† r√©duire au maximum. Seul moyen de pr√©tendre √† une totale ma√ģtrise de la vie: le PN se transforme en calculette et passe au crible de l'analyse toutes les personnes rencontr√©es, celles-ci √©tant r√©duites √† des √™tres inf√©rieurs (qualifi√©s de stupides, d'insuffisants ou de fous), puisque le PN les observe de haut, non sans amusement. Bien-s√Ľr, il ignore que la relation est un miroir: la fa√ßon dont on voit le monde et les gens, c'est la mani√®re dont on se voit soi-m√™me. Le regard est un reflet. 

Bref, le PN fait preuve d'empathie apparente gr√Ęce √† sa compr√©hension du miroir social, motiv√© par sa propre r√©ussite dans la soci√©t√©. De plus, √† sa mani√®re, il a besoin des autres. Gr√Ęce √† son empathie apparente, il se fond dans la masse par imitation. Son sympt√īme n'est donc pas d√©cel√© par l'entourage, bien que des gens froncent le sourcil sans pouvoir dire pourquoi. Dans bien des cas, on le trouvera "sympa" ou "cool". 

Continuons l'histoire de ce bouleversement psychique, la "glissade" vers l'autre c√īt√©, vers le pays sombre dont le PN ne reviendra (peut-√™tre) jamais. 
Comme dans un instant d'illumination, le PN a trouv√© sa v√©rit√© sur le sens de l'existence: lui. Voici donc l'apog√©e du narcissisme. Le PN devient le centre du monde, voulant se croire parfait et intouchable, parce que dans le fond, il ne se sent pas √† la hauteur. Il veut donc montrer que les autres sont tous des minus sur lesquels il voudrait exercer son pouvoir en pr√©tendant qu'il sait tout, notamment. Et quand il ne sait pas, il invente. 

Au final, il est dans la perversion narcissique fond√©e sur sa blessure narcissique. 
C'est cela le point de jonction entre le PN et sa victime: la blessure narcissique. 


Continuons. D√©sormais, le PN ne serait plus victime, il aurait le contr√īle sur tout et donc sur les autres. C'est ainsi que les PN construisent ce qu'on appelle des contre-relations o√Ļ ils s'assurent de ne rien risquer, de ne pas √™tre vuln√©rables, de ne jamais perdre, en choisissant comme partenaire une personne qui a de la vie en elle pour la vampiriser, parce que les PN sont d√©pourvus de vie et d'√Ęme, puisqu'ils s'en sont priv√©s eux-m√™mes. En d'autres termes, les PN sont ce qu'ils sont parce qu'ils ont pr√©f√©r√© envoyer leur √Ęme et leurs sentiments au diable, afin de tout ma√ģtriser et ne plus souffrir. Et comme ils sont morts, ils aspirent l'√©nergie des gens en qui il y a de la vie.
Vous voyez l√† leur grande pauvret√©. C'est pour cela que, en connaissance de cause, on peut dire qu'ils sont √† plaindre. 

Leur proie id√©ale est une personne vivante dont ils vont cerner les failles humaines, la moindre erreur commise √† reprocher, les fragilit√©s et manques affectifs, les peurs, les d√©ficits de confiance en soi et les manquements au respect de soi. Ca devient une relation fond√©e sur la d√©pendance affective de la victime, avec son consentement de la perversit√© comme condition. 


Voici l'illustration des failles d√©celables pour faire de vous une victime potentielle. Mettons-nous dans la peau d'un PN: 

- Tiens donc ! Cette personne n'est pas bien dans ses godasses, √ßa se voit. Je per√ßois une personne qui a un fort potentiel mais se n√©glige. Elle n'a aucun go√Ľt pour se coiffer, s'habiller, elle ne se tient pas droit, elle prend une posture un peu arch√©e (n'oublions pas que l'aspect ext√©rieur parle de la vie int√©rieure). Pourtant, elle se montre pleine d'√©nergie, spectaculaire m√™me, et si transparente de sinc√©rit√©, telle une enfant innocente, qu'elle pourrait correspondre √† mes besoins. Elle semble assez innocente pour ne pas voir mes failles. ouf ! Puis si j'arrive √† la charmer, je la ferai mienne, je la transformerai selon mes go√Ľts, et je saurai quoi faire de son √©nergie puisqu'elle ne sait pas quoi en faire apparemment. 


Notre observation: la rencontre entre enfants bless√©s. Le d√©sesp√©r√© narcissique a besoin de quelqu'un qui lui donne de l'√©nergie et qui sera aveugle devant son abysse obscur. La "proie" a √©galement en elle quelque chose qui est rest√© bloqu√© dans l'enfance. Son auto-estime est tr√®s pauvre, et elle ne croit pas √† ses propres potentiels, que l'on devine par le regard ext√©rieur. Un lucide y verra l'incoh√©rence de la personne. 



Autre sc√©nario : 

- Je vois que cette personne cherche les gens du regard. Elle cherche quelqu'un parce qu'elle est seule dans sa vie. Elle me para√ģt terriblement seule. Peut-√™tre est-elle une mal-aim√©e. Cette personne est int√©ressante, tr√®s cultiv√©e et intellectuelle, et je sens qu'elle accepterait de faire ma connaissance. Je la ferai parler pour conna√ģtre ses int√©r√™ts et sensibilit√©s, puis je lui dirai ce qu'elle a envie d'entendre. Essayons, subtilement, sans bousculer. Je connais la tactique: me faire d√©sirer. M'int√©resser puis m'√©loigner un peu, faire de sorte √† ce qu'elle s'accroche d'elle-m√™me, car cela pourra provoquer son besoin. 


Notre observation: le besoin est la maladie des humains, car il est parfois tr√®s pr√©sent, voire trop pr√©sent. 



Voil√†. C'est en quelque sorte l'illustration des pr√©mices de la rencontre entre PN et victime potentielle. Je pr√©cise que le PN peut √™tre homme ou femme. 


√Čvidemment, les PN √©choueront lorsqu'ils tomberont sur des personnes avis√©es et qui se sentent enti√®rement aim√©es dans la vie. 
Mais vis √† vis des personnes qui vivent dans la peur de manquer de plaire, le PN est √† l'√©coute... 
Il essaye. Si √ßa ne marche pas, il peut s'acharner d'une mani√®re diff√©rente, en utilisant les bons sentiments de vos amis par exemple qui vont dire que "c'est un gars bien", ou "une chic fille". Les PN n'aiment pas perdre, mais d'un autre c√īt√© ils iront voir ailleurs sans probl√®me s'ils s'aper√ßoivent qu'ils perdent leur temps. 

Une personne totalement int√®gre et dans le respect de soi ne devrait pas constituer une proie. Mais une personne qui cherche trop √† comprendre, qui se pose trop de questions, empathique, touch√©e par les paroles d'un PN qui se fait victime de la vie, qui parle de son enfance dans le but d'attendrir, est un cŇďur √† moiti√© gagn√©. Surtout quand son discours r√©sonne en vous: la reconnaissance des souffrances. Et √† cause de cette r√©sonance, vous penserez que vous en √™tes au m√™me point que lui et que vous n'avez pas fait mieux. 
Et pourquoi se pose-t-on trop de questions, justement? Parce qu'il y a quelque chose qu'on voudrait aussi comprendre sur soi et qu'on n'a pas compris. Car, qui se conna√ģt et s'estime, va √™tre attir√© par ce qu'il d√©sire vraiment dans la vie, par les choses vraisemblablement positives. Parce qu'il/elle les m√©rite bien! 
Pour savoir √©couter son intuition sans se tromper, il y a cette astuce, ce principe : "l√† o√Ļ il y a doute, il n'y pas de doute". En d'autres termes, une v√©ritable confiance ou clart√© relationnelle ne suscite pas de questionnements et de doutes sur les gens. Des doutes qui vous questionnent indiquent tout simplement qu'il faut laisser tomber. C'est simpliste et √ßa marche. 

Or, il y a ces braves gens qui sont trop gentilles, honn√™tes, intelligentes et tout ce qu'on veut. Mais elles vivent avec un d√©sespoir dans le cŇďur. D√®s que ces personnes c√®dent du terrain, elles tombent dans le pi√®ge. Le PN se rend vite compte de votre facult√© √† vous respecter vous-m√™me jusqu'au bout ou bien de votre tendance √† vous faire conciliant(e). Si vous ne vous respectez pas, il ne vous respectera certainement pas ! 

Le PN n'aime pas sa propre faiblesse, puisqu'il l'a rejet√©e en devenant PN, alors il ne supporte pas non plus la faiblesse des autres. Et quand il trouve une faille chez quelqu'un, il a envie de lui mettre le pied dessus. 
Le PN manipulateur est pervers, capable de mentir à outrance et de se servir des autres pour se valoriser. Il a besoin des autres !

Ce qui lui a √©t√© fait et qui l'a fait tant souffrir par le pass√©, il le r√©tribue aux autres. Et cela est l'histoire du monde, √† vrai dire : les √™tres humains se transmettent leurs maux, leurs n√©vroses, leurs frustrations, leurs violences, de g√©n√©ration en g√©n√©ration, et notre soci√©t√© de super consommation n'arrange pas les choses. 



III - Surdou√© = proie potentielle ? 

Vous √™tes une proie potentielle √† condition d'avoir des frustrations, du d√©sespoir et des complexes. Dans ce cas, vous risquez d'√™tre attir√©(e) par l'intellect du PN, dont vous avez l'impression qu'il va vous dire qui vous √™tes et qu'il pourra √™tre votre soutien, voire votre b√©quille si vous √™tes un fatigu√© de la vie. Mais c'est faux. Il vous mettra plus bas que terre car il n'aime pas les faiblesses, vu qu'il n'aime pas les siennes. Il ne vous aidera pas √† sublimer vos potentiels, sauf dans les limites qu'il vous pose, car lui seul veut √™tre sublim√©. De plus, il n'a pas envie que vous lui √©chappiez: r√©aliser vos talents suscite des rencontres dans votre milieu de pr√©dilection, parfois des d√©placements ou des voyages. Or, le PN vous veut tout pr√®s, √† port√©e de main. Oh bien-s√Ľr, il vous dira le contraire, les sages paroles qui sont √† dire: "r√©alise-toi, tout est possible". Mais il n'en a pas r√©ellement envie. Le PN veut tout contr√īler, d'o√Ļ sa jalousie possessive. Si vous √™tes vous-m√™me un/une d√©pendant(e) affective, cela vous convient au final. 

Autre raison de sa jalousie: ce qu'il a manqu√© de r√©aliser, il le vit comme une immense frustration et il se veut tout-puissant en cons√©quence. Il ne voudrait surtout pas que vous le d√©passiez. Surtout qu'il est habit√© par la peur de l'abandon, la peur d'√™tre trop nul pour vous. Pas √©tonnant que la moindre frustration (ex: des p√©riodes de ch√īmage) soit pour le PN l'occasion de devenir parano√Įaque (d√©lire de pers√©cution) et potentiellement violent. Encore pire si vous, √† c√īt√©, vous avez un bon job. Raison de plus de vous diminuer. Le PN aura envie de d√©truire votre carri√®re et de vous mettre au ch√īmage, √† moins qu'il encourage votre r√©ussite dans un domaine pour qu'il s'en prenne √† votre argent. 


Vous l'avez compris, les mots rassurants dont vous avez besoin, il vous les dit dans le but de se servir de votre d√©pendance affective mais aussi pour repr√©senter une bonne personne pour vous. Mais dans le fond, il veut vous contr√īler parce que vous √™tes pour lui un potentiel ennemi qui peut lui faire vivre le syndrome d'abandon. Donc si vous le voyez jaloux, vous savez d√©j√† que ce n'est pas par amour. 


Des psychologues disent que les hauts potentiels intellectuels sont de parfaites victimes √† cause de leur super empathie. Je dirais que le probl√®me de fond n'est pas leur super empathie mais plut√īt le miroir empathique : 
toi, l'hypersensible, tu as souffert, donc tu voudrais prot√©ger celui qui souffre, alors que tu ne sais pas te prot√©ger toi-m√™me. Le PN transpire de souffrances infantiles, alors tu cherches trop √† comprendre et √† lui donner des excuses. Puis il faut arr√™ter de vouloir sauver en l'autre ce que l'on n'arrive pas √† sauver en soi. 
Arr√™tez de faire le psy. Comme disait Lacan, en parlant de relations sur fond n√©vros√©, « l'amour, c'est donner √† qui n'en veut pas quelque chose qu'on n'a pas.» Autrement dit, c'est donner quelque chose dont on a besoin √† quelqu'un qui n'en demande pas. 
C'est une relation entre souffrants.


Voici une question cruciale:


IV - Est-ce que les PN peuvent guérir ?

Nous n'avons jamais entendu parler de gu√©rison. Quelques personnes (rares) vont voir des psys avec la peur d'√™tre un(e) PN, ce qui s'av√®re parfois √™tre vrai. Alors elles cherchent √† am√©liorer leur relation avec leur partenaire en appliquant des conseils, car il leur est tr√®s difficile d'√™tre en empathie r√©elle et de savoir ce qu'il faut faire. 
C'est que la personnalit√© du PN a √©t√© construite sur le m√©canisme psychique que j'ai d√©crit plus haut. Mais si vous avez des t√©moignages de gu√©rison, je suis tout ou√Įe. 
√Ä mon avis, la gu√©rison est impossible mais j'ai quand m√™me envie de croire √† des miracles. Apr√®s tout, il doit exister des cas qui ont pu accepter la lumi√®re dans leur vie pour enfin redevenir vivants ! 
En attendant, je ne me fais pas trop d'illusions, pour la raison suivante: 
les PN vivent selon leur v√©rit√© comme s'ils avaient re√ßu une illumination: « moi », c'est-√†-dire une vision d√©mesur√©e de leur ego. Ils sont sur leur pi√©destal et vous ne les en ferez pas descendre ! Vraiment, il faudrait un miracle divin pour qu'ils se rendent compte de leur trouble et qu'ils aient une conscience pour qu'ils choisissent d'entamer une psychanalyse. N'oublions pas que les mots "th√©rapie" ou "psy" font peur √† qui voudrait √™tre sans faille. Dire √† quelqu'un d'aller chez le psy, c'est l'insulter, surtout dans ce cas. De plus, il leur est difficile de se remettre en question. Se remettre en question peut aussi √™tre bien difficile pour n'importe qui, √† vrai dire. Des gens qui n'aiment que les certitudes et qui ne peuvent pas se remettre en question, il y en a plein. Pour certaines personnes, le doute est l'ennemi de la s√©curit√© int√©rieure. Il leur faut le contr√īle maximal. Ils n'accepteront pas de d√©construire leurs sch√©mas et d'accepter les doutes que l'existence porte naturellement en son cŇďur. 

Attention à leurs promesses toujours reportées
Bien que les PN puissent avoir de grands propos sur les sentiments, les vertus et la justice, vous remarquerez qu'ils n'incarnent aucune des valeurs pr√īn√©es. Et ils peuvent vous promettre d'aller chez le psy pour ne pas vous perdre et se retrouver seul, mais encore faut-il y veiller. Ou de se marier avec vous, ou autre chose. 



V - Relation toxique, √† quel point? 

C'est une relation mortif√®re, d'autant plus que, √† part √īter d'une personne toute son √©nergie, le PN construit une relation subtilement sadique. Tr√®s intol√©rant sur les failles, d√®s que les √©v√©nements √©chappent √† son contr√īle, il s'en veut tellement qu'il le fait payer aux gens de son entourage, parfois avec une perversit√© sans mesure et de la violence morale ou physique. Le niveau de violence peut √™tre fatal. Mais tout sera toujours de la faute des autres puisqu'il estime qu'il est infaillible, ou du moins il veut le faire croire. Ce qu'il inflige √† la personne, cette derni√®re l'a m√©rit√©, d'apr√®s le PN. Avec du recul, plus tard, il arrive quand m√™me que les PN se demandent comment cela se fait-il qu'ils soient all√©s jusqu'√† de telles d√©viances desquelles ils ne se seraient pas cru capables. 



VI - Le trouble peut manifester des actes criminels

Il existe plusieurs niveaux de perversion narcissique. Chez certains cas, le niveau de perversion peut aller tr√®s loin d√®s lors que le PN constate que vous lui √©chappez, r√©veillant en lui le drame de sa faille narcissique (syndrome d'abandon, de rejet, de trahison, ou d'humiliation). Il n'est pas √©tonnant que beaucoup de plaintes aient √©t√© d√©pos√©es dans les commissariats ou gendarmeries √† propos des PN. Quand vous lui avez appuy√© sur le "mauvais bouton", c'est une cascade √©motionnelle qui se r√©veille en lui, mais pas n'importe laquelle: la col√®re, la vengeance et la folie. Et l√†, bonne chance! Nous vous souhaitons d'en sortir vivant(e). Vous vous demandez m√™me si vous n'avez pas affaire √† un(e) psychopathe. 
Malheureusement, la plupart des victimes n'√©tablissent pas l'√©quilibre, c'est-√†-dire la justice. Elles subissent longtemps, jusqu'√† ce que la situation soit assez grave pour √™tre oblig√©(e) de partir. 
Combien de t√©moignages avons-nous entendus ou lus √† ce propos ? Ils sont nombreux. 
Dans les cas extr√™mes, l'explosion de la personnalit√© PN se traduit par : 
violence physique et psychique, chantage, menaces de mort, utilisation des fautes ou faiblesses de la victime contre elle-m√™me. Il existe m√™me des cas de viol, l'utilisation de la victime comme d'un vil objet, etc. Et parfois l'irr√©parable: l'homicide, ou au moins sa pr√©m√©ditation, d'apr√®s quelques t√©moignages de victimes qui s'enfuient juste √† temps. 



VII - Ne plus jamais être victime

√Čcoutez vos intuitions et suivez-les. Respectez-vous. Vous √™tes forc√©ment quelqu'un de bien. Vous n'avez rien √† prouver √† qui que ce soit. Vos faiblesses sont vos forces. Si vous portez en vous des fautes que vous ne vous √™tes pas pardonn√©(e), dites-vous que vous √™tes juste humain(e) et que vous faites ce que vous pouvez, dans votre vie. Ne vous laissez pas reprocher quoi que ce soit par qui que ce soit. Cela vous appartient de vous remettre en question, dans votre secret si besoin, par l'introspection. Mais restez toujours fier/fi√®re. Montrez-vous digne car vous avez un bon fond. Et surtout, sachez penser √† vous avant de penser aux autres. Faites-en une philosophie, cela vous sauvera. Oui, on a le droit de penser √† soi, √† son plaisir de vivre, √† ses aspirations profondes, d'autant plus qu'elles n'entravent pas les autres. Ca appartient √† soi. C'est un devoir d'√™tre heureux. Mais pour cela, il faut mettre √† la poubelle les croyances v√©hicul√©es par certaines cultures: notamment le sens du sacrifice et de l'abn√©gation de soi. Pensez √† vous d'abord, sauvez-vous. Votre vie vous appartient. Vous n'appartenez pas aux autres, encore moins √† ce qu'ils pensent dans leur opinion. Qu'ils se la gardent pour eux, c'est leur probl√®me ! 
Si vous √™tes en situation d'atteinte √† votre int√©grit√©, confiez-vous √† votre famille et √† vos amis, √† d√©faut, √† des associations ou services sociaux ; ne gardez jamais secr√®te la maltraitance que vous subissez, m√™me s'il y a du chantage. Car le chantage, c'est du flan. Ca ne m√®ne jamais √† rien. Vous croyez que le PN se calmera, alors vous allez dans son sens jusqu'√† que √ßa s'apaise, mais il vous prend alors pour un(e) moins que rien. Quand vous laissez passer le premier coup port√©, c'est d√©j√† trop tard: √ßa recommencera, ind√©finiment, puisque c'est vous qui autorisez cela. Il vous fera comprendre que vous l'avez bien cherch√©. 



VIII - Oublier et passer à autre chose, est-ce possible?

Si vous avez vous-m√™me √©t√© profond√©ment bless√©(e), insult√©(e), voire maltrait√©(e) par un ou une PN, ne devenez pas vous-m√™me un(e) PN par vengeance, ou alors parce qu'il a r√©ussi √† vous faire un lavage de cerveau ; mais voyez cela comme une exp√©rience qui vous aura appris quelque chose sur vous-m√™me pour vous faire avancer sur le chemin de l'affirmation de soi. C'est la vie qui le veut. 

Dans notre soci√©t√©, beaucoup de gens portent en eux une grande faille narcissique, et, parmi eux, des PN. Il est probable que vous soyez √† nouveau attir√© par ce genre de personne, si vous n'avez pas proc√©d√© √† votre propre gu√©rison ou √† un mieux-√™tre, via la connaissance de soi. J'avoue que je crois beaucoup en la psychanalyse o√Ļ l'on fait parler l'inconscient et ses contenus (les traumas par exemple). 

√Čcoutez votre instinct, vos doutes, votre petite voix, ce sont des intuitions qui disent vrai. Gardez vos principes, ne pliez pas. Soyez franc et √©loignez-vous de ces vampires. Vous ne pouvez rien pour eux, mais vous pouvez faire quelque chose pour vous-m√™me : √™tre aim√©(e) par qui le m√©rite vraiment. Entourez-vous de ceux qui vous traitent bien. Faites la paix avec votre histoire. Appr√©ciez-vous devant votre miroir et sachez appr√©cier qui vous √™tes. Et sachez √™tre seul(e) tout le temps qu'il faudra. Inutile de se mettre avec quelqu'un si votre cŇďur est habit√© par le d√©sespoir. Votre choix sera influenc√© par une esp√®ce de d√©pendance affective, encore une fois. 


Quant √† tirer un trait et oublier cette m√©saventure, je ne vais pas vous mentir. Il est facile de dire "oubliez, mettez √ßa aux WC et en avant !" mais attention au d√©ni. Faites attention aux traumas car ces √©v√©nements sont marquants, et ils est possible qu'ils fassent √©cho √† des traumas plus anciens. Quand vous √™tes pass√© par de telles √©preuves, √ßa fait d√©sormais partie de votre histoire. A moins de devenir une esp√®ce de bouddha qui a compl√®tement an√©anti les pens√©es humaines, les conflits v√©cus causent des s√©quelles √† votre bonne sant√©. Il est primordial de prendre soin de soi et de se faire aider. Tout seul, m√™me si on se fait fort comme Hercule, on est faible dans le fond. Il y a toujours une pr√©sence vuln√©rable: votre enfant int√©rieur. Je le rappelle, dans la plupart des cas, les traumas d'adulte font √©cho aux traumas d'enfant. Ceux de l'enfant ont besoin d'√™tre lib√©r√©s en s'exprimant. C'est comme exorciser symboliquement une entit√©: en identifiant un d√©mon (ici, un vieux d√©mon psychologique). Sans proc√©der √† ce travail sur soi, l'enfant int√©rieur continue √† faire du "tapage" jusqu'au jour o√Ļ vous craquez, o√Ļ vous √™tes de plus en plus fatigu√©(e), sans savoir pourquoi. 
Pendant des ann√©es, on oublie le tapage int√©rieur, mais celui-ci deviendra plus fort et plus douloureux, notamment dans les √©v√©nements n√©gatifs de l'existence. 
Nous savons qu'une personne bien ancr√©e dans son moi, est une personne qui a pass√© les √©tapes √©volutives sans √™tre rest√© bloqu√©e sur certains stades de l'enfance. D√®s lors qu'il y a eu des blocages, il est n√©cessaire de trouver r√©conciliation, reconnaissance de sa propre histoire, de sa propre identit√©, m√™me si l'on n'a pas besoin d'aimer ce qui s'est pass√©. Quand l'enfant int√©rieur d'une personne adulte a exprim√© ses chagrins et ses col√®res, alors la m√™me personne peut grandir et s'incarner dans son corps pleinement ! 



IX - Pardonner un PN, cela aide-t-il √† aller de l'avant ? 

Quand le PN montre qu'il ne regrette pas ce qu'il a fait, il est plus difficile de pardonner. De plus, vous vous souviendrez certainement qu'il a une dette envers vous. Si le pardon est impossible, donnez au moins le pardon le plus difficile √† atteindre: celui de soi-m√™me. Car on tombe de haut quand on fait le bilan de l'histoire. Avec le recul, il y a de quoi se dire "c'√©tait pourtant gros comme une maison" ou "si j'avais su", ou bien encore "j'ai horreur de perdre, j'ai horreur de l'erreur" (oui, il n'y a pas que les PN qui se disent √ßa). 
C'est frustrant, on ne peut pas revenir en arri√®re. Une chose peut soulager les esprits: tout le monde s'est fait rouler par quelqu'un au moins une fois dans sa vie, m√™me les plus "grands" de ce monde. 

Ceux qui ont confiance en eux et sont lucides parviennent √† s'arr√™ter avant les pertes et fracas. Ils √©coutent leurs instincts. Ils savent claquer la porte au nez des gens qui ne sont pas nets. Ils ne perdent pas de temps avec des questionnements. Nous pouvons suivre leur exemple. 

Alors si vous vous questionnez, si vous avez id√©e de plonger dans les ab√ģmes de la conscience de quelqu'un et de vous y perdre, c'est parce que vous vous cherchez vous-m√™me. 



X - Le triste destin des PN

On ne rend pas service au PN en glissant vers son c√īt√©. Ce qu'il aime, c'est ce qu'il ne peut pas avoir, comme tous les gens plus ou moins narcissiques par ailleurs. Les gens √† personnalit√© narcissique ont peur de la vie, peur de l'amour, incapables de recevoir et de donner en toute sinc√©rit√©, incapables d'en prendre le risque. Ce qu'ils font, s'ils le font bien concernant les qualit√©s relationnelles, c'est de l'imitation, c'est un r√īle d'acteur. Et ils jouent des r√īles √† tel point qu'ils ne savent pas qui ils sont. Une vie pour rien. Ils n'ont pas les clefs de la connaissance de soi. Ainsi ils passent √† c√īt√© de ce qu'ils auraient pu √™tre: vivants. 


Enfin, nous pouvons, √† juste titre, nous demander si un PN peut √™tre √©galement un surdou√©. 



XI - Peut-on être PN et surdoué ?

Ma r√©ponse est non. Bien que les PN manifestent des acuit√©s intellectuelles, par exemple d'excellentes capacit√©s mn√©siques (facult√© de m√©morisation), ils d√©montrent qu'ils passent de nombreuses ann√©es coinc√©s dans des paradigmes infantiles qui n'√©chappent pas au regard des personnes adultes et lucides. Contrairement au PN, le surdou√© a une grande capacit√© de remise en question et d'autor√©gulation, de mani√®re √† changer ses sch√©mas. Il y a une certaine plasticit√© c√©r√©brale dans tel processus, m√™me si cela peut prendre beaucoup de temps. Autre argument irr√©futable: les hauts potentiels sont attach√©s √† l'exactitude des choses. Ils ne pourraient pas passer les jours √† mentir et √† se construire un personnage. Les surdou√©s cherchent ce qui est vrai. Ce ne sont pas des personnes infaillibles ou parfaites, cela dit, leurs qu√™tes sont plus √©lev√©es que celle du mensonge... 

Vous l'avez compris, la capacit√© de m√©morisation et d'imitation a beau √™tre tr√®s forte chez les PN, puisqu'elle est travaill√©e, entra√ģn√©e et test√©e sur le terrain, ils ne sont pas pour autant des √™tres aussi intelligents qu'ils peuvent le pr√©tendre. Leur jeu se retourne contre eux-m√™mes t√īt ou tard. Toute personne sens√©e conna√ģt le syst√®me de v√©rit√©: tout finit pas se savoir, toute somme de mensonges cr√©e une incoh√©rence que seuls des aveugles autorisent. 
D√©sol√©e de dire cela de mani√®re si directe, mais c'est pourtant vrai. J'ai connu, il y a fort longtemps, ce genre de m√©saventure. Je l'ai analys√©e, et j'ai analys√© d'autres cas que l'on me confiait. J'ai m√™me vu une jeune femme compl√®tement sous emprise de ce type de personnage. Elle voyait qu'elle √©tait en danger, mais elle ne voulait pas voir. J'esp√®re qu'elle s'en est sortie. 




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