Thursday, 13 September 2018

La différence doit s'imposer dans la société !

Dans le dernier colloque auquel j'ai participé, nous avons bien insisté sur ce fait, dans nos interventions sur les hauts potentiels intellectuels et neuro-divergents : la différence doit s'imposer ! 

Il est primordial que chacun cultive le courage d'être soi, avec sa sensibilité, son originalité, sa singularité. C'est parfois une lutte, voire une lutte pour la survie dirais-je. C'est une idée qui ne m'est pas étrangère: moi-même ai eu à vivre pendant longtemps une contradiction entre celle qui voulait vivre, et celle qui était sensée faire plaisir aux autres. Mais quand on fait cela, on n'est pas "maître à bord", c'est une situation un peu "lourde": on est tiraillé entre une chose et l'autre. C'en devient même une habitude: on est finalement éparpillé sur plusieurs directions et l'on se sent coincé entre des étaux. On étouffe et, à un certain degré, on se sent mourir. 

Il faut du courage pour s'affirmer. Pour certaines personnes, c'est plus facile que pour d'autres. Cela dépend du milieu d'où l'on vient et de l'histoire que l'on a vécue. 
Mais dans le fond, je trouve que peu de gens osent se différencier. Beaucoup plus s'évertuent à copier... Courages, les amis!


En analysant le phénomène chez les personnes à haut facteur de "sensibilité-lucidité" (je ne sépare pas les deux), il est une richesse, un don et une fragilité à la fois. Avec une sensibilité-lucidité à fleur de peau, toute injustice peut être très durement vécue, tant nous portons des idéaux en nous-mêmes... 
Moi-même me suis heurtée durement à cette problématique. 
Si vous êtes nettement lucide, vous êtes le seul (ou presque) à avoir raison, à voir les choses telles qu'elles sont et même à prévoir ce qui va se passer. Et l'on vous prendra parfois pour un "bizarre" à cause de vos points de vue ou de votre langage. Bienvenu(s) chez les E.T., les incompris. Heureusement les incompris se rassemblent et se ressemblent, au moins en quelques points importants. 

Les différences, la bataille contre la majorité, cela peut être fracassant, à vrai dire. Après quelques aléas, des êtres deviennent des "bras cassés". Heureusement ils ont en eux des ressources insoupçonnées et passionnantes. Pas de quoi s'affoler si vous en êtes là. Ce qui compte est l'apprentissage: on ne s'arrête jamais d'apprendre, heureusement. C'est ce qui rend la vie passionnante
Et j'ai appris une chose primordiale: la résilience. Et beaucoup sera à apprendre jusqu'à la fin de la vie. 
La vie étant un constant mouvement et une transformation continue, des raisons d'espérer nous sont offertes ; des occasions nous sont données de changer les choses, même doucement, en prenant le temps et en respirant tranquillement, profondément, comme j'aime le faire. C'est un besoin. 
Prendre confiance. 
Un pas après l'autre. 


Le rythme tranquille quand on ne peut plus courir

Le temps est un luxe. Dans une société industrielle où il faut toujours courir montre en main... Pour prouver que nous sommes de bonnes gens... 
Eh bien faisons comme les hollandais: beaucoup d'entre eux ont opté pour le travail à temps partiel afin de s'autoriser à vivre. Je me suis donnée ce luxe. 
Prendre son temps pour ce qui est sacré ou important pour soi, c'est se donner le droit de respirer, créer, être soi, développer de nouveaux projets. C'est profitable pour notre santé psycho-corporelle et donc pour des relations plus saines. Prendre le temps quand on en a besoin...

Autre manière de justifier le "rythme tranquille": le proverbe italien. "Chi va piano va sano e va lontano." (Qui va doucement va sûrement et va loin). 

Bref, pour ma part, le rythme tranquille est une nécessité. C'est ce que j'appelle "des temps de respiration profonde". 

Bien-sûr, il y a des temps pour tout. Il y a des moments où l'on est en activité, où l'on produit du travail, où l'on est grandement productif. Quand l'inspiration est là... 

Mais n'oublions pas de respirer tout de même.  :)




Les dons

Concernant les choses les plus précieuses, il semble que nous tous sachions ce que nous avons "dans le ventre" depuis l'enfance. Nous le sentons dès nos plus jeunes années. Je m'en souviens encore. Il s'agit de nos dons, nos talents, nos potentiels. Ils s'ouvrent en même temps que nos sens très réceptifs à la nature et à tout ce qui nous entoure, que nous découvrons avec notre fraîcheur, notre innocence pétillante d'enfant et notre capacité d'émerveillement. 
Malheureusement, quand l'innocence se heurte à la dureté moqueuse et ironique du monde, elle se demande si elle a raison d'être, elle est jugée ridicule ou honteuse et elle commence à se perdre. L'enfant se perd et devient un adulte plus ou moins endurci qui porte un masque. Il entre ainsi dans le monde fait par les hommes: la "compétition des masques". Une vraie mascarade mais prenons ce jeu avec sourire.   

A ce jeu, on peut y perdre son âme, lorsqu'on prend honte de l'intelligence pétillante et si vivante, que l'on décide de perdre afin de suivre les autres dans la bataille des egos. 
Les medias, les modes sexuelles, l'étiquetage des gens, l'identité sociale limitative, des cerveaux transformés en calculettes mais incapables de penser par eux-mêmes, etc. La liste peut continuer. 

Malheureusement, les dons peuvent être atrophiés par divers empêchements, le sentiment de honte évoquée précédemment, les aléas de la vie, un manque d'accompagnement et d'écoute, ou une éducation scolaire qui réduit significativement les potentiels de chacun. Divers facteurs peuvent se croiser et amplifier le phénomène d'inhibition. Ce phénomène bien connu peut être la base d'un handicap, un complexe comparable à un labyrinthe. Une dichotomie entre "l'idéal d'être et de faire" de la personne et ce qu'elle est devenue dans sa propre limite, malgré elle. Puis un problème d'acceptation. Il existe par exemple le "complexe de l'albatros" dont je parle dans un autre billet du présent blog, sujet qui se rapporte aux personnes à haut potentiel. Il s'agit d'une situation plus ou moins handicapante pouvant être vécue de manière dramatique, épuisante. 

En somme, les plus doués peuvent accomplir des destins potentiellement exceptionnels, ils ont le goût des grandes réalisations sinon de réalisations originales. Encore faut-il que la vie le leur permette. 
Mais les plus doués ont quelque chose de fragile. Quand ils sont anéantis, c'est le désespoir. Et ça peut aller jusqu'au handicap. Et celui-ci bien souvent est caché ; on ne le voit pas. 



Les hauts potentiels qui "boitent"

Je partage mon expérience, de manière spontanée. 

Parfois, une personne se conduit devant les autres en faisant mine que tout va "super bien" et qu'elle "assure un max", mais dans son secret, elle est fatiguée, elle porte des béquilles intérieures. Oui, ces béquilles intérieures qui ne se voient pas. On pourrait les comparer à un moment de déprime, de désespoir, voire de dépression ou de perte de sens de la vie. 
En certaines périodes, j'ai eu comme des béquilles intérieures mais j'ai mis de l'énergie à les cacher, car j'avais peur d'y perdre. Du coup j'ai perdu, car en ces périodes je m'étais fermée à ceux dont j'avais peur qu'ils me rejettent. Je croyais "gommer" mes failles en apparence, je ne savais pas qu'elles étaient simplement humaines et que c'était "normal". 
Ainsi cacher ses failles par une "surforce", c'est masquer son humanité et sa beauté. Nous voudrions beaucoup faire, de grandes choses même, alors nous sommes durs envers nous-mêmes. Mais nous ne sommes pas censés être des supra-humains. Nous n'avons rien à prouver. Et quand on se fait plus fort que ce qu'on est, on s'affaiblit. Par contre, quand on accepte d'être faible, c'est-à-dire humain, c'est alors qu'on est fort. 


Puis chez beaucoup de gens, il y a la lutte entre ce qu'on voudrait, ce qu'on croit vouloir et ce que les autres veulent d'eux ou croient vouloir... Rien de tel pour devenir des "boiteux". Enfant ou adulte, vous vous sacrifiez pour des gens qui, avec leurs raccourcis cérébraux, ne vous voient pas réellement, pas tels que vous êtes, avec vos transformations. Ce sont des images figées qui les intéressent, des étiquettes. C'est bien plus facile, voyons! surtout quand on n'a pas le temps, dans des journées à rythme accéléré où l'on est bombardé d'informations. Cela explique que les cerveaux sélectionnent peu d'informations sur votre personne ou sur des sujets d'une certaine longueur, préférant des images qui ne traduisent pas la réalité. 

Devons-nous donc nous soucier de l'image que nous produisons et de ce que les autres pensent? Devons-nous nous sacrifier? Si nous le faisons, nous ne sommes pas libres et nous sommes idiots. 
Qui est vraiment libre, tout compte fait? 
Dali - Venus aux béquilles


Afin de vivre pleinement et fièrement, de se tenir debout et de respirer à pleins poumons, nous devons réclamer que la différence ait le droit d'exister dans la société




Une réflexion politique, une mesure à lancer

Concrètement, je voudrais proposer au gouvernement français la reconnaissance officielle du statut de "neuro-divergent" ou "neuro-atypique" pour les personnes concernées (hauts potentiels intellectuels, hypersensibles/lucides, autistes Asperger). 

Concernant ces personnes qui ont basculé dans le handicap, même léger, l'intitulé de handicap disparaitrait. Les personnes concernées se sentiraient plus légères et reconnues dans les difficultés qu'elles peuvent vivre. 
Une reconnaissance dans les services publics de la société est importante. Le tabou doit être levé !  

Nous pouvons alors demander au Ministère de la Solidarité et de la Santé ainsi qu'au Ministère du Travail de créer le statut d'intelligence alpha, pour désigner les personnes dont l'intelligence est particulière... 
Le but est que ces personnes soient aidées à trouver une place dans la société et retrouvent leur dignité, tout en préservant leur identité profonde avec leur originalité. Les maisons de l'autonomie devraient les prendre en charge et les reconnaître. 
Le mot "autonomie" nous inspire bien autre chose que le titre d'"handicap", lequel fait penser à l'incapacité d'être "comme tout le monde".  Par ailleurs, je ne vois pas pour quelle raison il faudrait être "comme tout le monde". 
Quand le terme de "handicapé" s'intègre à la conscience de l'individu et finit par lui coller à la peau, ça peut devenir une excuse pour qu'il se prenne vraiment pour un infirme total, au risque de ne rien faire de sa vie. 
Il est bien plus positif pour une personne de prendre en compte ses potentiels et de vouloir les mettre en mouvement, dans sa quête d'autonomie. 




C'est une mesure à proposer. C'est en prépa. 



Lynn



Dali-La girafe en feu


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