Thursday, 28 January 2021

L'effet coro. Vivre dans l'ère covid

Certes, l'ère covid nous oblige à apprendre à être inventifs, à vivre autrement, en mode réduit, voire extrêmement réduit sur les plans social, humain, culturel, musical... Nous essayons de trouver du positif dans ces chemins étroits où la vie humaine se limiterait drastiquement, sauf sur la toile virtuelle d'internet (si l'on y adhère). 

Il y a du positif, dira-t-on, ou bien c'est simplement une année de m...... qui se déroule depuis 2020, dira-t-on aussi. 


Le phénomène anxiogène s'étend sur les populations et paraît s'ancrer sur le long terme. Des maladies psychosomatiques se développent. L'ère covid appauvrit le sens. 


Le lien humain est, pour beaucoup, ce qui donne du sens. 

Bien que le sens soit dans la vie en soi, c'est le lien entre soi et la nature, soi et les êtres (animaux y compris nos semblables) qui donne le plus de sens en répandant de la joie dans le partage, atténue le désespoir des désespérés. 


Certains disent que la vie humaine touchée par les restrictions de longue durée n'est pas du tout un problème, parce qu'ils étaient déjà à l'écart de la vie sociale pour la plupart des choses. Alors parmi ces personnes plus ou moins renfermées sur elles-mêmes, beaucoup prétendent, par autoprojection, que l'actuelle situation devrait être satisfaisante pour tous, critiquant vivement ceux et celles qui souffrent de perdre le lien et rechignent. 

Parce que leur propre histoire leur a donné envie de s'écarter des humains depuis bien longtemps, ils ne parviennent pas à comprendre que les humains puissent souffrir parce que le lien est précieux dans la vie des personnes. 

Peut-être y a-t-il parmi les indifférents à la souffrance les privilégiés qui ne se mêlent pas à la masse populaire ? 



Quoi qu'il en soit, le lien et le groupe sont absolument naturels depuis que l'Homo sapiens existe (300 000 ans d'après les dernières trouvailles scientifiques). C'est dans nos gènes. Bien-sûr nous pouvons nous redéfinir comme nous le souhaitons individuellement. Mais n'imposons rien aux autres, ni à ceux et celles à qui le lien social convient. 

Donc il faudrait que les opposants aux rassemblements tiennent compte de la réalité telle qu'elle est. L'Homo sapiens est encore une espèce grégaire (vivant instinctivement avec le groupe), bien que sous une forme "modernisée" dans les sociétés industrielles. 


Pensons aussi au problème de l'oisiveté forcée et de la mise au chômage (voire au RSA) des personnes qui n'ont plus le droit de travailler depuis un an... De nouvelles habitudes sont prises mais pas celles du travail, dont le souvenir commence à devenir lointain. La déprime est grande chez beaucoup de gens. 

On peut toujours trouver une petite occupation dans une activité bénévole en attendant. Mais rester chez soi trop longtemps sans travailler et faire ce que l'on aime, au bout d'un an, ça pèse énormément. 
Il est difficile de se mettre à la place de ces personnes si l'on ne vit pas ce qu'elles vivent. 


Sous l'ère Covid, tout le monde est en train de se sacrifier au nom de la santé pour que tout le monde en devienne malade ! 


Beaucoup parlent d'épuisement et c'est justifié. Il est compréhensible que les personnes isolées soient depuis l'an 2020 dans la tristesse banalisée, quand elles ont eu l'habitude de compter sur le soutien des autres pour arriver à vivre. 


Je pense qu'il est difficile d'imaginer désormais une sortie de cette situation qui nous prive de nos joies accompagnées de musique, de rencontres, de célébration de la vie, d'amitiés (réelles et non pas virtuelles), d'activités associatives qui érigent la personne, contente de participer à quelque chose et d'en apprendre de nouvelles. 

En effet, nous nous posons cette question : 

verra-t-on l'horizon d'une vie meilleure, reliée à ceux qu'on aime, aux activités, à la célébration de la vie ?


En attendant, il nous reste les moments de contemplation, si nous restons sensibles à la beauté qui nous attire par sa pureté et son innocence. 



Photo prise à côté de Plumelin, Morbihan, Bretagne
Janvier 2021



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Mots-clés 

#covid19

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