Monday, 27 September 2021

Mon commentaire suite à l'allocution du pape François sur l'élitisme

Le 26 septembre 2021, le pape François remonte les bretelles aux catholiques, il demande aux chrétiens de ne pas se considérer comme une élite. 

Voici mon commentaire enclenché par une discussion. Je le partage : 


« Les vrais chrétiens sont les suiveurs du Christ : c'est à leur amour qu'ils se portent les uns pour les autres qu'on les reconnaît. Cela sans distinction d'appartenance religieuse ou de caste sociale ou que sais-je encore. 

Il est aussi dit que celui qui aime Dieu alors qu'il n'aime pas ses frères et soeurs en humanité est un menteur. 

C'est d'abord ça qui compte et non pas la forme sous laquelle on veut croire à telle ou telle formule, repéter des mots par superstition, etc. La spiritualité telle que Jésus la concevait à la base est la meilleure. Le reste, toutes les spéculations intellectuelles, cause des divisions entre personnes, entre différentes églises, entre religions du monde.


Par ailleurs, le monde humain manque d'esprits véritablement chercheurs.  Chercher la vérité n'a jamais été amené sur un plateau. C'est l'épreuve qui donne à trouver qui l'on est vraiment. Ainsi on reçoit Dieu en vérité tôt ou tard, selon l'Esprit et non pas selon nos pensées étroites et capricieuses. 

Si l'on n'a pas d'intérêt pour l'expérimentation de la vérité par soi-même, on a un esprit étroit qui ne cherche que l'adhésion à des concepts, au nom d'une sécurité personnelle. 

Combien de gens élitistes avons-nous donc vus, "bon chic bon genre", et qui ne connaissent même pas Dieu alors qu'ils le prônent dans leurs "clubs"? 


Si vraiment on est habité par Dieu, on aime les autres sans y chercher un intérêt, sans les barrières de la peur, et on est alors capable d'amitié avec le genre humain, au lieu de se replier dans sa chapelle pour son petit confort, pour se faire croire que plus on vénère des cultes et plus on va mériter un Ciel, motivés par la peur de la mort plutôt que par l'amour en soi. 

Avec Dieu, l'Être au-delà de tout nom, tout dépend de l'amour. Seulement de l'amour. Cet amour qui est même mystique quand il est du Ciel. 

Le Ciel en nous, dès ici-bas... 


Les évangiles expliquent déjà toutes choses sur l'appel de l'âme. Il n'y a qu'à suivre  l'évangile complètement et non pas les quelques principes humains qui nous arrangent... 

Et c'est justement à cause de ces manquements que beaucoup de chrétiens sont vus comme des hypocrites, à juste raison. » 


Mon deuxième commentaire, après l'intervention d'une personne qui dit être devenue athée à cause des guerres de religion : 


« Et j'ajouterais que le message du pape François est aussi valable pour toute personne, croyante ou non croyante, de la plus athée à la plus spirituelle. Peu importe. 

Un athée peut être aussi hypocrite que quelqu'un qui se prône bon chrétien. Bien souvent la personne veut se penser meilleure qu'une autre, surtout que l'humain a une forte tendance à se comparer, malheureusement, au lieu de s'occuper de son chemin de vie à lui et de ses propres obscurités. 

En général, en étant athée, on se fait rebelle au Dieu de l'Univers, on lui tourne le dos. Qui ne l'a jamais fait ?... J'ai déjà rejeté Dieu dans ma jeunesse car je n'avais pas compris. 

Tant de gens le font, et c'est compréhensible au vu des déceptions que l'on peut vivre ici-bas. Puis certaines religions nous donnent l'image d'un Dieu qui n'est pas la bonne. 

Faisons attention à ne pas faire trop facilement la confusion entre les religions organisées avec leurs conflits idéologiques, et la quête de vérité que nous sommes chargés de mener. 

Je ne vois pas en quoi on devrait d'emblée rejeter l'Évangile apportée par le Christ (jusqu'au prix de sa vie), avant même de l'avoir lue et mise à l'épreuve. Soyons honnêtes. 

Par ailleurs, il est souvent préconisé de demander à Dieu si tout cela est bien vrai, du fait même qu'on veuille être vrai soi-même. Celui qui est sincère obtient toujours une réponse. 


Pourquoi est-ce notre tâche et de notre responsabilité de chercher la vérité ?  Tout simplement parce que nous sommes des êtres de pensée et que nous sommes appelés à élargir la conscience jusqu'à disposer d'une Raison de plus en plus éclairée. Quand ça devient le cas chez l'individu en progression, il cherche jusqu'à trouver. C'est alors qu'il sera touché, sans s'y attendre, par l'indescriptible, l'ineffable, la lumière, la Beauté vivante, en laquelle la mort n'est point. 

Les témoignages sont assez nombreux. 


Il est bien triste de voir que la société éduque l'humain de sorte à en faire un consommateur plein d'opinions et qui prend des opinions pour de vraies pensées. Mais une opinion n'est aucunement du ressort de la recherche approfondie de ce qui est vrai, en commençant sur soi-même. Et lorsque l'humain se regarde jusqu'au fin fond de sa misère, c'est plus difficile que ce qu'il n'a pu le croire. 

Ainsi le chemin spirituel n'a rien à voir avec les activités du bien-être, différence bien comprise par moult penseurs, orateurs lucides ou tous individus éclairés. Le chemin spirituel peut être comparable à une montagne à gravir. Ou à un puits très profond dans lequel on s'aventure. Je crois par ailleurs que c'est ce dernier qui est le point de départ. Souvent, chercher la lumière à l'intérieur c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin vu la vastitude de l'obscurité du ciel nocturne, surtout pour les coeurs de pierre. Mais on finit toujours par trouver son étoile.  

Il est question d'effort et de volonté personnelle. 

Soit on a le goût de la vérité, soit on ne l'a pas. Chacun est comme il est, avec les besoins du moment. 

Mais les chercheurs seront souvent incompris, notamment jugés et moqués (voire crucifiés) par les individus qui ne peuvent pas comprendre. Quand ces derniers sont menés par leurs propres opinions ou des opinions d'emprunt, et par leur orgueil, ils prennent leur cas pour une généralité, c'est-à-dire pour une mesure de comparaison. Les humains se comparent trop entre eux, n'est-ce pas ! 

L'individu qui n'est pas intéressé par une quête approfondie aura tendance à dire par exemple que pour lui Dieu n'existe pas et que donc il n'est pas possible que certaines personnes aient vraiment rencontré la divine lumière, l'indescriptible, l'impérissable. Et même avec cette expérience qui ne s'oublie pas, on doit se méfier de soi-même et bien prendre garde à ne pas retomber dans l'orgueil et les vanités. Rien n'est acquis, on doit alimenter le feu. 


À propos du libre arbitre, chacun est libre de devenir vivant ou de rester à moitié mort. En étant simple consommateur, en se prenant pour des malins, des intelligents regardant la télé, les écrans, allant acheter tout ce qui se fait, tous les divertissements qui se vendent, en suivant les modes, on demeure superficiel. Comment alors pourrait-on développer un argument solide contre la nécessité absolue de la quête du Vrai ? C'est peu probable. 


Tant qu'on ne se met pas en recherche de la vérité jusqu'à la trouver, je ne vois pas comment on peut se dire tout à fait honnête. C'est là un problème important à soulever dans nos cultures, nos sociétés, nos ethnies. 

Évidemment, par le mot "vérité", je n'engage aucune idéologie spécifique. D'autant plus que je me réfère à un fond, sans forme limitée, un fond sacré, donc non formalisable. Pénétrant et impénétrable. 

Le débat sur l'idée est vain. Le contact avec l'Être ne peut qu'être personnel et intime. Il est raisonnable de le préciser car les opinions mauvaises attaquent toujours le mot "vérité", de manière assez dogmatique, dirais-je. 

Libérons les potentiels! 

Pour libérer la pensée et les vertus, ne faudrait-il pas enseigner la philosophie en mode maïeutique dès l'école primaire ? Ce serait un début pour libérer les potentiels, la curiosité inépuisable, l'énergie vitale et mentale, la capacité d'émerveillement et de contemplation. 


Enfin, on dit toujours que la finalité est la compréhension du cœur, à commencer par l'amour absolument gratuit et inconditionnel pour son prochain. Encore faut-il baisser la garde, écraser l'orgueil, se faire tout petit, demander. Alors peuvent se fissurer les barrières autour du cœur pour laisser entrer un rayon de lumière céleste, par une brèche. C'est le début d'une transformation, celle qu'on appelle le cœur de pierre devenu cœur de chair. 

Et cela est bien la voie initiée par le Christ Jésus, lequel a été envoyé dans le monde pour éclairer ceux et celles qui veulent être éclairés et entrer dans le véritable chemin. Or le chemin, il faut le parcourir soi-même, comme un grand ; personne ne peut le faire à notre place. Il faut bien faire la distinction entre regarder le chemin de l'extérieur et le parcourir de l'intérieur. Marcher dans le chemin est un véritable engagement. Ça ressemble bien à une consécration, il n'y a pas de demi-mesure. Soit le oui veut dire oui, soit le non veut dire non. 


Je suis persuadée que l'Être créateur de l'univers ne perdra aucun des siens. L'amour l'emportera. Il est vainqueur. 


Tant qu'on ne demande rien à Dieu, tant qu'on ne lève pas les yeux vers plus haut que soit, pensant qu'on peut tout savoir par soi-même, on est dans l'illusion. » 



Chapelle Sainte Barbe, Roscoff, pays de Léon, Finistère, Bretagne



L'allocution du pape François : 

https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2021-09/angelus-pape-francois-26-septembre-2021.html



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