Sunday, 5 December 2021

Vivre le sacré ? Peut-on trouver cela dans les églises ?


L'Église et son culte ne peuvent aider à trouver le sacré en soi et autour de soi si l'idéal évangélique n'est pas vécu de manière fidèle et pragmatique au sein même de l'assemblée ecclésiale. 

Être fidèle aux valeurs que l'on prône, cela correspond à leur pratique immédiate plutôt qu'à leur remise systématique au lendemain avec la fameuse formule "il faut que", bien connue dans les sermons. 

Si un orateur essaie de vous moraliser avec des "il faut que" répétitifs, vous savez déjà à quel type de personnage vous avez à faire. C'est quelqu'un qui essaie de convaincre les autres de ce dont il voudrait se convaincre lui-même, sans y parvenir. Ainsi parle-t-on de ce que l'on voudrait connaître. 

Mais les gens véritablement inspirées, en quête de vérité et d'absolu, sont plus simples. Quelque humilité expliquerait que ces dernières s'incluent dans le public en disant que 'nous' ne sommes jamais sûrs de bien faire ou d'être au top. Cependant ce sont des réalistes pragmatiques en ce qu'ils ne font pas que discourir, puisqu'ils organisent volontiers des agapes et une vie d'église où les gens se retrouvent, même en semaine. Ainsi l'évangile n'est pas condamnée à rester un idéal "il-faut-iste" mais elle devient une réalité dont on saisit la simplicité : il suffit de vouloir. 

Il suffit d'avoir le courage de désobéir aux principes obscurs de ce monde poussé à l'ultra-individualisme et à l'enfermement chez soi. Et certaines églises ne font pas mieux que le monde, à vrai dire, voire pire. Pourtant la responsabilité desdits chrétiens est énorme. Représenter la noblesse du message de fraternité et de vie sacrée n'est pas à prendre à la légère. Ne serait-ce que pour la droiture morale, si le reste est omis. 


Voici donc où je veux en venir : la messe ou le culte (selon le type d'église) est caduque et stérile si le sacré ne s'incarne pas dans le réel, si la communion n'est pas partagée avec les gens en conscience et en profondeur. N'est-ce pas le sentiment de joie, de fête et de partage que l'on devrait clairement ressentir lors de tout rassemblement chrétien ? Que viendraient y faire l'austérité et la culture il-faut-iste quand la vie profonde n'est que joie ? Pourquoi se tenir en rangs et non pas en cercle ? 

Célébrer la vie devrait être un acte joyeux partagé. 


Avant de parler de sacralité magique avec l'orgueil ou la fierté de l'identité confessionnelle, ne serait-il pas plus logique d'incarner le sacré qui est l'évangile même ? Connaît-on au moins le contenu de l'évangile ? La première chose que l'on devrait savoir est que la racine de ce mot signifie "bonne nouvelle" (du grec εὐαγγέλιον, euangélion)

C'est aussi une vraie rencontre intérieure, une réconciliation et une réjouissance. 


Il existe un adage d'église : "un chrétien seul est un chrétien en danger". Il est vrai que l'isolement n'aide pas à maintenir la lumière dans la confiance et l'enthousiasme. C'est pratique pour certaines hiérarchies de tenir ce discours quand chaque individu se rend à la messe dominicale pour aller chercher son ostie juste pour sa petite vie. Pour beaucoup, c'est de l'anonymat du début à la fin, un jeu en solo. Je qualifie cette pratique d'ultra-individualiste. Cette pratique habitue d'autant plus les chrétiens solitaires ou esseulés à rester seuls. Seuls malgré eux. 

Ni esprit d'union de cœur ni amitié dans l'espace de communion. Il faudra chercher cela ailleurs. 

Quel dommage ! 


Depuis quelques décennies, un sentiment s'affirme et se confirme : j'ai horreur de ce qui est superficiel, puis j'abhorre l'idéalisme, symbole de lâcheté. Tout cela ne fait que nourrir l'hypocrisie propre à l'humain. 

C'est comparable à l'attitude selon la formule "j'espère que". Exemple : "j'espère que mon voisin dépressif s'en sortira" mais je ne fais absolument rien pour lui. "J'espère que des gens sympathiques s'en occuperont."  De loin je préfère l'attitude selon la formule "nous allons faire de sorte que". Exemple : "invitons le voisin à manger" (à moins qu'il soit méchant ou malhonnête). "Demandons-lui un petit service pour une association de sorte qu'il utilise ses talents et se sente utile." 

Rester les bras croisés, espérer, et attendre que ça tombe du ciel, cela ne marche pas. À mon sens, c'est cela l'idéalisme. Il ne sort jamais de lui-même puisqu'il consiste au culte d'un idéal. 

Le pragmatisme m'est bien plus respectable puisque la personne devient crédible en appliquant directement ses convictions, tout ce qui lui semble bon pour le bien commun et pour sa tranquillité. Telle personne ne fait pas qu'en rêver, elle prend ses responsabilités au lieu d'attendre que tout vienne des autres gens pour que le monde soit un peu meilleur. 

Bien-entendu, il n'est pas question de perfectionnisme. Nous savons que ce serait une illusion. Mais la quête de sagesse et de vérité a quelque chose d'exigeant. Être vrai... Être loyal... 


Enfin, devant ces constats, que faire ? Réformons, réformons. Créons des lieux pour l'amitié et le soutien mutuel, si nous en trouvons les moyens, le courage et l'énergie. 



Des réflexions ont été posées mais je n'ai rien exposé de mes choix personnels. Eh bien voici. 

Vais-je à l'église ? 

J'ai essayé de participer au culte catho plusieurs fois cette année mais je n'y parviens plus, pour deux raisons : parce que les rituels sont tristes et m'attristent, et parce que je grandis encore, c'est-à-dire que j'évolue vers la liberté du Dieu qui est en moi. Le chemin est long mais au moins je marche dans le chemin au lieu de ne faire que le regarder de l'extérieur. 

Ceux et celles qui n'ont pas la capacité de comprendre me crucifieraient volontiers, pour ainsi dire, car pour les dogmatiques, je suis forcément en tort. Mais c'est toujours la Nature primordiale qui a raison. Je suis née ainsi et je ne m'en excuserai pas. 

Je trouve cela insultant que la logique médiocre de quelques-uns veuille t'accuser de ne point entrer dans le petit carré, c'est-à-dire la pensée unique. Souvenez-vous que les hommes ne sont que des hommes. Par conséquent, ils ne devraient pas vous imposer des prêts-à-penser. Quelle âme honnête aurait envie de faire cela ? 

Pour ma part, je ne peux que témoigner de ce que j'ai éprouvé. L'expérience de Dieu est un fait. Mais une expérience ne peut se transmettre ou se démontrer (bien qu'on en constate parfois les résultats dans la qualité d'être). La seule chose que l'on pourrait dire, me semble-t-il, est qu'il nous appartient de chercher, de demander, dans l'intimité spirituelle de chacun. Il n'y a rien de secret. Le mystère de la vie habite en tout, en tous, et il est naturel de le connaître. Il est ineffable, certes, mais expérimentable dès lors qu'une fenêtre s'ouvre. Non pas pour quelque mérite, mais pour renaître. 

Comme le disait le padre Pio, c'est difficile mais pas impossible. 

Et j'atteste que Jésus-Christ avait raison et qu'on ne meurt jamais. Il avait donné et donne encore l'occasion de trouver la porte. Mais peut-être la porte est-elle celle de ton cœur. Laisseras-tu entrer le rayonnement qui vient frapper à ta porte ? 

Cela m'a concerné et me concernera toujours.  Cette vie rayonnante m'a été offerte. Ai-je su la saisir à temps ?  Pourvu que je sache toujours ouvrir et garder ma porte ouverte au rayonnement provenant du Ciel. 

Je suppose que toute personne sent cet appel de cœur tôt ou tard. Si ce n'est pas au cours de cette vie, ce sera de l'autre côté... 


Bref. Il est clair que je devrais trouver un lieu où je me sente bien, un lieu qui ne me laisse pas triste en rentrant chez moi. 


J'avais eu l'occasion de me rendre à l'église des anglais. C'était juste ce qu'il me fallait, mais c'est un peu loin géographiquement. Mon expérience dans leur église avait été très positive. Une vraie communion d'esprits. Au chant, des hymnes à la fois calmes et joyeux. Les agapes pour ceux qui le souhaitent. Les études en semaine pour ceux qui le veulent. Le programme de solidarité pour venir en aide aux pauvres ou aux dévastés qui n'ont plus de toit à cause des ouragans. 

Ce n'est quand même pas comme au temps des premiers chrétiens qui mettaient tout en communauté et vivaient l'évangile à fond, mais c'est déjà bien. 

Quant au rituel, j'ai eu l'impression que c'était entre le protestant et le catho. Pas de signe de croix (sauf pour ceux qui le font), pas d'images, pas de culte marial obligatoire. C'était juste ce qu'il me fallait. 


Pourvu que je trouve ma tribu. Avec mon esprit critique et mon rejet des superstitions construites par les hommes au fil des siècles, ce n'est vraiment pas facile. Ma recherche d'authenticité est exigeante. 

Trouver sa tribu spirituelle, cela ne se remplace pas par des sorties avec des amis ni avec la famille. Vie sociale, vie d'amitié, vie d'amour, tout cela fait partie de ce qui alimente notre quotidien, mais ce n'est pas suffisant. Les relations humaines me réjouissent, mais elle m'attristent énormément parfois. Par contre, étant donné que l'essence de la vie est une Lumière supérieure aux petites pensées humaines, la seule à pouvoir nourrir mon âme, je veille à reposer sur ses bienfaits

N'oublions pas que plus la lumière nous captive, et plus nous la voulons. Le combat demeure clair, et il ne faut pas rester seul. 


Cher lecteur, j'espère que vous avez trouvé la tribu qui vous aide à vous fortifier dans la Lumière. Je vous souhaite bien de la joie, de l'amour et de l'amitié jusqu'à la fin de votre vie ici-bas, en attendant la prochaine. 



Lynn



Presqu'île de Quiberon, plage Penthièvre


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